Simon Favreau, ostéopathe à St Crespin S/Moine, répond à nos questions concernant la santé de nos pratiquant(es) face à la reprise de l’activité foot…. c’est parti!

Bonjour Simon, en cette période de reprise, quelles sont les types de blessures que nos joueur.se.s jeunes et moins jeunes peuvent rencontrer ?

Bonjour, elles sont multiples et variées, difficile de toutes les traiter, mais nous allons déjà décrire les plus fréquentes. On peut les regrouper en deux grandes catégories : les traumatismes et les problèmes musculaires.La première est assez simple et comprend tout ce qui va aller du simple hématome suite à un coup, jusqu’à la fracture, en passant par les entorses.Les problèmes musculaires sont quant à eux plus difficile à identifier, d’une part parce qu’ils sont variés et d’autre part parce qu’on ne leur donne pas tous le même nom (même au sein des professions médicales). Cela peut aller de la simple courbature au claquage en passant par les contracture, élongation, déchirure, etc.Nous pouvons rajouter une troisième catégorie qui est un peu à part car elle n’est pas spécifique au sport. Elle comprend tout ce qui va être tendinite, douleur dans le dos, le cou ou liée à une ancienne blessure. Les causes de ces douleurs sont beaucoup trop nombreuses pour qu’on s’y attarde, mais sachez qu’il existe de nombreuses façon de les traiter (médecin, kiné, ostéo ou toute autre thérapie manuelle même non reconnue) et ce n’est pas parce que vous n’avez pas encore trouver la bonne qu’il faut vivre avec la douleur.

Quels conseils donnes-tu à nos pratiquant.e.s pour prévenir ces blessures ?

Des conseils assez classiques (bien s’hydrater avant et après les efforts, bien s’échauffer en début de séance) et surtout savoir s’écouter ! Quand votre corps vous envoie des signaux de gêne ou de douleur ce n’est pas pour vous embêter, c’est pour vous dire de ralentir, voire même de stopper si nécessaire. Parfois en début de saison on a tendance à vouloir faire plus d’efforts parce que le foot nous a manqué ou pour pouvoir gagner sa place. Ce n’est pas un problème en soi, mais je le répète il faut savoir s’écouter pour ne pas aller trop loin et risquer une blessure qui nous empêchera de joueur un certain temps.Ce conseil vaut aussi pour les étirements. Il n’existe pas de consensus sur le sujet, chacun y va de sa théorie : pas d’étirement, étirement tout de suite après l’effort ou « à froid ». Pour moi il vaut mieux le faire « à froid » c’est à dire après la douche ou même le lendemain de l’effort. L’inconvénient c’est qu’on a tendance à oublier de le faire, c’est pourquoi il est parfois préférable de le faire directement après l’effort quand votre éducateur.trice/dirigeant.e est là pour vous rappeler de le faire. Et parfois il est conseillé de ne pas le faire du tout plutôt que de mal le faire. En effet on a souvent tendance à trop étirer les muscles, or un étirement ne doit pas faire mal ! Il vaut mieux privilégier un étirement doux mais prolongé (au moins trente secondes), cela est plus efficace pour la récupération et surtout cela n’abîme pas les fibres musculaires.En résumé, écoutez-vous et n’hésitez pas à en discuter avec votre éducateur.trice/dirigeant.e dont l’expérience est souvent précieuse !

L’infirmerie se remplissant petit à petit avec des blessures plus ou moins graves… que faut-il faire aussitôt une blessure ?

Cela dépend bien sûr de la blessure. Pour les traumatismes c’est assez simple : si c’est juste un coup → glaçage de la zone pour limiter l’hématome et diminuer la douleur ; si c’est une petite entorse qui ne vous empêche pas de marcher→ glaçage également et éventuellement une visite chez un médecin/kiné/ostéo ou autre thérapeute notamment si la douleur est forte ou si les entorses s’enchainent trop fréquemment ; en cas de grosse entorse vous empêchant de marcher ou s’il y a une suspicion de fracture → il faudra aller aux urgences le jour-même (au moins pour les fractures) ou prendre rendez-vous très rapidement chez votre médecin (pour les grosses entorses sans suspicion de fracture).Petit point sur le glaçage : il ne sert pas à grand-chose de rester trop longtemps avec la poche de glace, l’idéal étant plutôt d’alterner cinq minutes de glaçage avec cinq minutes sans rien pendant une vingtaine/trentaine de minutes, à répéter plusieurs fois dans la journée (entre deux et dix fois environ selon l’intensité de la douleur ou de l’hématome). Cette façon de faire est plus difficile à mettre en place selon les contraintes de la journée, ne vous prenez donc pas trop la tête, un seul glaçage en rentrant du boulot par exemple est un peu moins efficace mais efficace quand même. Pensez aussi à ne pas mettre directement la poche de glace au contact de la peau, si elle est très froide cela peut brûler.Pour les problèmes musculaires c’est plus compliqué, notamment comme on le disait car on parle souvent de la même chose avec des noms différents ou l’inverse. Donc rappelez-vous que les noms que je vais utiliser ne sont pas forcément ceux que tout le monde utilise donc fiez-vous plutôt à la description du problème.Pour les courbatures (douleur assez diffuse sur tout un groupe musculaire ou même plusieurs, que l’on ressent plutôt le lendemain de l’effort) du repos peut suffire, mais on peut aussi masser tranquillement ou étirer un peu plus souvent les muscles en question. En général les courbatures arrivent rarement une fois la saison lancée et que le rythme est revenu (sauf en cas d’effort très intense).La contracture (douleur localisée comme un point sur un seul muscle, que l’on ressent parfois à la fin d’un match/entrainement, parfois seulement le lendemain) survient quand un muscle fatigue après des efforts trop intenses ou sans suffisamment de repos. Le muscle va alors avoir du mal à se relâcher et un petit groupe de fibres va rester contracté (cela peut parfois arriver quand on prend un coup, comme une béquille par exemple). On peut parfois le ressentir en cherchant dans le muscle, cela peut faire penser à un grain de riz. Les fibres étant juste contractées et non pas cassées on peut traiter cela un peu comme des courbatures : repos, étirement et massage du « grain de riz » (sans appuyer trop fort). Le chaud peut également aider la contracture à se relâcher.L’élongation (douleur comme un petit trait ou un point sur un seul muscle, n’empêchant pas totalement de courir, qui peut arriver sur une course ou une frappe de balle, mais aussi parfois simplement petit à petit à la fin d’un match/entrainement) est une autre réaction possible d’un muscle qui fatigue comme pour la contracture. Cette fois les fibres ne vont pas se contracter mais s’allonger sans réussir à retrouver son fonctionnement normal. Les fibres ne sont pas encore cassées, mais le traitement sera différent de la contracture : pas question d’étirer ou de masser, ni de mettre du chaud. Le repos reste le meilleur traitement, bien qu’il soit difficile de s’y tenir car la douleur n’est en général pas insoutenable et on a tendance à reprendre parfois un peu vite. Le diagnostic et le traitement étant un peu compliqué il est conseillé d’aller voir un médecin/kiné/etc.Enfin la déchirure (point douloureux sur un endroit précis, gênant fortement la course voire même la marche, qui arrive le plus souvent sur une accélération, frappe ou passe appuyée, en fin de match/entrainement ou au début si l’échauffement n’a pas été bien fait) et le claquage (douleur très forte comme un coup de poignard, rendant la course impossible et la marche compliquée) correspondent à la même chose, dans une intensité différente. Ce sont les fibres musculaires qui cette fois ont cassé, un petit groupe de fibres pour la déchirure et un groupe plus important pour le claquage. Comme pour l’élongation : pas d’étirement, massage ou chaud. Du repos bien sûr, du froid au départ pour limiter le saignement du aux fibres qui ont cassées et il est fortement conseillé d’aller consulter car il arrive assez souvent que les fibres re-cassent si on laisse juste du repos. On peut parfois sentir un petit creux dans le muscle, cela peut aider pour le diagnostic mais il ne faut pas le masser.On a fait le tour des principaux problèmes rencontrés et comme vous le voyez il est parfois difficile de faire la différence entre tel ou tel problème. Mon conseil principal sera donc de vous écouter et de ne pas hésiter à en parler à votre éducateur.trice/dirigeant.e pour qu’il ou elle vous aide à vous orienter en cas de besoin.Bonne saison et prenez soin de vous !